Cinema

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les chevres de ma mere
Les chèvres de ma mère documentaire réalisé par Sophie Audier Pour réaliser un documentaire il faut d’abord obtenir quelques subventions de la Commission d’avance sur recettes. Une fois le film financé et tourné le distributeur doit s’efforcer de le montrer dans quelques salles afin qu’il soit porteur du titre de film et non du qualificatif plus ou moins infamant de téléfilm. Sa durée de vie dans les salles est dans ces conditions et sauf exception, logiquement brève. Il continue ensuite sa vie le plus souvent au sein des festivals et en DVD. Et dans certains cas il est diffusé sur les...
a
1 A ciel ouvert, entretiens, Le Courtil, l’invention au quotidien. Mariana Otero – Marie Bremond, éd Buddy Movies, Paris 2013. Il y a bien sûr le film, « A ciel ouvert », qui a rempli les salles qui l’ont programmé et dont on espère qu’un DVD sera commercialisé. On compte même bien que toutes les institutions et autres centres de soins pour enfants s’en emparent et s’imprègnent de ce mode de fonctionnement très particulier, éclairé par la psychanalyse et qui, au Courtil, a donné des résultats imparables, depuis trente ans. Institution modèle, un peu à la manière d’un précurseur du genre, le...
mariana otero
Mariana Otero, À Ciel ouvert , 2013. À Ciel ouvert est un documentaire sur Le Courtil, un internat qui accueille des enfants autistes ou psychotiques, à la frontière franco-belge. Le film est produit par les frères Dardenne, ce qui n’est pas indifférent, quand on connaît leur intérêt pour le Nord, certes, mais surtout pour des personnages attachants dont l’histoire est compliquée et dont la détresse affleure ( Rosetta, Le Fils, Le Gamin à vélo ). Je connais les films de Mariana Otero depuis 2003, lorsqu’elle était venue présenter à Pessac, Histoire d'un secret...
le demantelement
Sébastien Pilote, Canada, 2013, Le Démantèlement : Et si le roi Lear n’était pas fou ? Je me suis réveillée bien tard, ce matin, un peu dans le brouillard, et j’ai su que j’avais rêvé. De quoi, je l’ignore. Et puis, tout de suite, l’évidence : j’ai vu hier soir le film de Sébastien Pilote, Le Démantèlement. Et pourtant, je n’en ai rien pensé, je ne savais même pas qu’il y avait quelque chose à penser de ce film. Simplement, m’avait frappée une image de Frédérique, la seconde fille qui, dans le train, prépare son rôle, car elle fait du théâtre à Montréal, en relisant son texte. Et ce texte, c’...
camille claudel
Après un coup de fil de Juliette Binoche, l’idée de lui proposer Camille Claudel 1915 est venue à Bruno Dumont par la lecture du dossier d’hospitalisation (Jean-Paul Morel, Une mise au tombeau), il a alors conçu le projet pour son actrice. Le documentaire en revanche porte sur, disons, le « fond de décor» ou « fond d’écran », Bruno Dumont dit l’« environnement » dans lequel il veut situer (on ne dira pas son action mais) sa Camille Claudel. Il s’agirait d’approcher au plus près les conditions dans lesquelles elle est censée avoir été plongée durant son internement à Montdevergues. Bruno...
nymphomaniac
Lars Von Trier Nymph()maniac, 2013. Ceux qui ont envie de voir un film pornographique, heureusement accessible dans les salles d’art et essai seront déçus. Le dernier film de Lars Von Trier, s’il exhibe une belle ( ?) collection de « bites » de toutes les couleurs et de toutes les formes, n’en est pas pour autant très excitant. En revanche, on rit souvent, par exemple dans ladite séquence où se succèdent comme d’autres photos d’identité, dans les films policiers, ces étranges cartes de visites ou de visiteurs. On ne sait pas encore très bien ce qu’est ce film, ni s’il a un sens, un propos, il...
inside  Llewyn Davis
Ethan et Joël Coen, Inside Llewyn Davis Si la presse est unanime à saluer le film des frères Coen, il n’en reste pas moins assez mystérieux, son succès même est énigmatique compte tenu d’une grande sobriété tant dans le scénario — peu propice au spectaculaire et sans rebondissements —, que dans une mise en scène économe ou dans la personnalité d’un protagoniste aux antipodes de tout héroïsme. En réalité, le film est plein d’ombres et de gravité, malgré son humour ou son esprit caustique ; il est d’une grande justesse, sans aucune complaisance dans l’effusion ou l’esthétique ; s’il plaît, c’...
jeune et jolie
« Jeune et jolie » de François Ozon Se promener dans Paris en cette fin d’été, c’est découvrir au coin d’une rue le regard d’isabelle/léa allongée nue sur un lit. Un homme dont on ne voit pas le visage, mais seulement le dos, s’approche d’elle. À l’instar de ce que nous enseigne par exemple Roy Lichtenstein, - mais c’est avant lui la leçon des impressionistes- c’est l’instant d’émotion que la rencontre suscite qui doit être ressentie par le spectateur à la vision de l’affiche, du dessin ou du tableau. Sur l’affiche Léa ne semble pas inquiète plutôt satisfaite de détenir un pouvoir dont elle...
inconnu du lac
L'Inconnu du lac, Alain Guiraudie, 2013 : la chèvre de Monsieur Seguin. Comment parler de L'Inconnu du lac sans se mettre soi-même à nu ? Mais comment ne pas en parler, sur le site Œdipe ? Car nous sommes tous piégés, bien sûr, par ce lac dont nous sommes l’un des inconnus. Comment dire notre réaction aux images de sexe sans révéler nos tendances, nos peurs, nos désirs, comment réagir aux images de voyeurisme et d’exhibitionnisme sans dire comment nous en participons ? Sans doute ne verrons –nous pas le film de la même manière selon que nous sommes homo- ou hétérosexuel, homme ou femme ; ses...
passe
Asghar Farhadi Le Passé Bien après la projection du film, j’y songeais encore, roulant à bicyclette, bien décidée à aller contempler une marée haute à Andernos, peut-être pour échapper à ces univers tellement fermés auxquels nous condamne ce printemps pluvieux et froid, tout autant qu’un film dont les plans multiplient les portes comme autant de lignes d’obstruction. Coincés dans des espaces qui s’imbriquent, des pièces qui s’empilent plutôt qu’elles ne s’ordonnent ou distribuent, les personnages du film d’Asghar Farhadi se croisent, s’affrontent, s’additionnent. La vieille maison qui abrite...

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