Cinema

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comme un avion
Récréation : Comme un avion Pour une fois, tentons un texte bref, léger, pour un film qui nous mène en canoë, sans pesanteur. Le film de Bruno Podalydès est une comédie charmante, pleine d’un humour burlesque, à la Charlie Chaplin, de jeux de mots, situations étranges, regards keatoniens et personnages surréalistes dont on ne sait trop ce qu’ils font mais qui créent, avec quelques coups de pinceau, un univers poétique et claudiquant, tout bleu, pour échapper à la norme et à l’ennui. Le propos du film tient dans un prologue où l’on s’inquiète de savoir ce qu’est un « palindrome ». L’équipe au...
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le labyrinthe du silence
A propos d’un film « Le labyrinthe du silence » Ça fait une dizaine d’années que, entraîné par l’amitié de Michel Fennetaux j’ai participé activement au séminaire parole/génocide qu’il a animé jusqu’à sa disparition. Mon parti pris était de m’intéresser aux victimes et aux témoins de la tentative d’extermination des juifs d’Europe par les nazis, et de ne pas m’occuper de la psychologie ni de l’histoire des bourreaux. C'était sans compter avec « le hasard » : lors de la présentation de mon livre « Jouissances, du sein au meurtre », un ami qui s'était dérangé m'a glissé en partant un livre sous...
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la tete haute
La Tête haute, un film qui a un inconscient La Tête haute pourrait commencer à la fin du long travelling des Quatre cents coups : une course qui ne peut guère mener nulle part, sans horizon que le bureau d’un juge, les centres fermés, la prison. Mais le film d’Emmanuelle Bercot, bien qu’il fasse souvent penser à Truffaut, comme à l’archive de ces enfants difficiles que sont les Malony et les Doisnel, peinant sur une page qu’indéfiniment ils arrachent et froissent (L'Argent de poche ?), tragiquement appliqués et incapables de faire leurs « devoirs », ne fait pas de raccords. À l’inverse, c’est...
le demantelement
Louise GrenierPage L’HOMME DÉMANTELÉ Sébastien Pilote, Canada, 2013, Le Démantèlement 1 «Les pères doivent toujours donner pour être heureux» ou l’amour à tout prix Faut-il se laisser manger la laine sur le dos par ses enfants ? Est-ce vraiment «de même» que ça fonctionne ? Première scène : un agneau se tenant à peine sur ses pattes fragiles, Gagnon le nourrit comme une mère. Il prend soin des bêtes et de sa terre. C’est la dimension maternelle du personnage, celle-là même qui est reprise dans le rapport à ses filles. Rien n’arrêtera Gagnon, on le sait depuis le début...
wang
Patrick Wang, In the family, 2011. Joey et Cody, deux hommes jeunes, élèvent ensemble Chip, six ans. Rebecca, la mère de Chip est morte à sa naissance et Cody, très affecté, a trouvé une consolation auprès de Joey. Avec Chip, ils sont devenus une véritable famille, et « Chip a deux papas ». Mais Cody meurt soudainement. Joey continue à s’occuper de Chip jusqu’au moment où la sœur de Cody lui annonce qu’elle est l’exécuteur testamentaire de Cody et qu’elle reprend Chip, traité en quelque sorte comme une partie de l’héritage, pour l’élever dans sa propre famille. C’est ainsi que se noue le...
bande de filles
Bande de filles : la guerre des images Il est légitime, voire urgent, de donner à voir des personnes discriminées, individuellement ou en groupe. Car sans doute le racisme et ses délits de faciès, ses rejets a priori, violences et mises en quarantaine, reposent sur l’image abhorrée de l’autre qui n’est même pas approché et auquel on ne consent nulle existence, nulle dignité, nulle subjectivité. Il est nié comme personne et comme sujet, objet d’une haine sans connaissance, ou d’un aveuglement qui se suffit d’une projection aberrante de fantasmes et de craintes sur une figure sans visage et...
adieu au langage
Jean-Luc Godard, Adieu au langage, 2014, un film cynique ? Mélancolie Parmi toutes les citations et les références d’auteurs qui tissent le dernier film de Jean-Luc Godard dont la rumeur fait également l’ultime, l’épigraphe nous renvoie à Flaubert. Jean-Luc Godard cite en effet la fin de L'Éducation sentimentale : « “c’est là ce que nous avons eu de meilleur!” dit Frédéric ». Or, cet épisode du roman est d’une triste gaieté, assez caractéristique de la mélancolie. « Ce que nous avons eu de meilleur » est une mésaventure qui, avec le temps, et la nostalgie de la jeunesse, est devenue un bon...
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les chevres de ma mere
Les chèvres de ma mère documentaire réalisé par Sophie Audier Pour réaliser un documentaire il faut d’abord obtenir quelques subventions de la Commission d’avance sur recettes. Une fois le film financé et tourné le distributeur doit s’efforcer de le montrer dans quelques salles afin qu’il soit porteur du titre de film et non du qualificatif plus ou moins infamant de téléfilm. Sa durée de vie dans les salles est dans ces conditions et sauf exception, logiquement brève. Il continue ensuite sa vie le plus souvent au sein des festivals et en DVD. Et dans certains cas il est diffusé sur les...
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1 A ciel ouvert, entretiens, Le Courtil, l’invention au quotidien. Mariana Otero – Marie Bremond, éd Buddy Movies, Paris 2013. Il y a bien sûr le film, « A ciel ouvert », qui a rempli les salles qui l’ont programmé et dont on espère qu’un DVD sera commercialisé. On compte même bien que toutes les institutions et autres centres de soins pour enfants s’en emparent et s’imprègnent de ce mode de fonctionnement très particulier, éclairé par la psychanalyse et qui, au Courtil, a donné des résultats imparables, depuis trente ans. Institution modèle, un peu à la manière d’un précurseur du genre, le...
mariana otero
Mariana Otero, À Ciel ouvert , 2013. À Ciel ouvert est un documentaire sur Le Courtil, un internat qui accueille des enfants autistes ou psychotiques, à la frontière franco-belge. Le film est produit par les frères Dardenne, ce qui n’est pas indifférent, quand on connaît leur intérêt pour le Nord, certes, mais surtout pour des personnages attachants dont l’histoire est compliquée et dont la détresse affleure ( Rosetta, Le Fils, Le Gamin à vélo ). Je connais les films de Mariana Otero depuis 2003, lorsqu’elle était venue présenter à Pessac, Histoire d'un secret...

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